76
Magazine Dijon

automne 2018

 N°76
 
Accueil > Les numéros > N°76 > 05 > À Besançon, tous les voyants sont au vert
05

À Besançon, tous les voyants sont au vert

Au fait, c’est quoi une ville écolo ? C’est avoir à sa tête un pseudo Nicolas Hulot ? Envoyer des communiqués « vert » à tire-larigot ? C’est avoir des habitants bobos qui circulent à vélo ? Non, une ville écolo porte en elle le respect de l’environnement depuis la nuit des temps, bien avant que trier ses pelures ne devienne un passe-temps à la mode. Petite leçon de green attitude à Besançon.


Trail autour de Besançon (Thibaut Baronian) © Pierre-Antoine Boillon - Bourgogne-Franche-Comté Tourisme

Était-ce un signe ? Le 21 avril 1906, le premier parlementaire à faire entrer l’écologie dans la législation était un député de Besançon. Il s’appelait Charles Beauquier et défendait un texte protégeant « les sites pittoresques et les monuments naturels », première loi de protection de l’environnement, dite loi Beauquier. Un élu d’extrême gauche plutôt avant-gardiste à une époque où le terme « écologie » était presque montré du doigt... Preuve de l’état d’esprit bisontin et première étape vers une longue histoire écolo. Dans une interview donnée au journal Le Monde en 2009, Jean-Louis Fousseret, déjà maire de Besançon, expliquait cette « inscription du développement durable dans le long cours » par le tempérament local. Il faut dire qu’ici, le climat est plutôt rude, obligeant les habitants à économiser leurs ressources, à vivre en harmonie avec la nature pour mieux apprivoiser ses états d’âme.

L’une des premières rues piétonnes de France

Même si au classement des villes les plus vertes de France, Besançon n’est certes plus sur le podium, elle n’a pas perdu de temps question « protection de l’environnement ». D’ailleurs, en 1960, elle installait l’un des plus grands réseaux de chauffage enterré pour alimenter la cité de Planoise et en 1973, elle créait un poste de responsable municipal de l’énergie. Sa mission ? Faire baisser la consommation de fioul dans les bâtiments et les transports publics. Sans compter qu’un an plus tard, juste après celle de Rouen, première dans le genre, le maire, Jean Minjoz, transformait sa Grande Rue, asphyxiée par la circulation, en rue piétonne. Une révolution pour l’époque.

Besançon fut aussi l’une des premières villes à optimiser ses éclairages dès 1980, au moyen d’un système de télégestion permettant d’augmenter ou baisser l’énergie en fonction de la fréquentation, puis en remplaçant ses ampoules énergivores, en éteignant ses sites dès 23h et plus récemment, ses grands axes routiers. C’est tristoune mais ça protège la biodiversité.
Enfin, c’est encore à Besançon, « capitale de la biodiversité » que naquit Energie-cités, association européenne de villes en transition énergétique, représentée par 1 000 villes et 30 pays différents et dont les locaux de l’administration se trouvent encore à Besançon. Bref, la liste est longue et plutôt barbante à dérouler, mais elle démontre que les actions écolos ont démarré bien avant que la « Green attitude » ne devienne branchée.
martin pêcheur et promenade en calèche

Déjà passée à l’écologie du futur 

Et maintenant ? Où se situe Besançon parmi toutes ces citadines responsables qui courent après le podium de la ville la plus verte et qui s’activent à faire parler d’elles ? Recalée ? Loin de là. En matière d’écologie elle a déjà bien assez prouvé son investissement pour continuer à ronronner autour de projets plus « rose bonbon » que « vert ». La ville s’est retirée du cheptel de suiveurs pour prendre les devants d’une politique écolo 4.0. Il n’en fallait pas moins, pour un maire qui est tombé dans la connectique attitude quand il était petit. Ainsi, Besançon met ses pas dans ceux des villes-intelligentes, où la technologie se met au service de l’écologie. Cela tombe bien, la ville est labellisée French Tech et les compétences techniques et scientifiques sont toutes là. Ainsi, Besançon fait partie des sept « smart city » françaises aux côtés de Bordeaux, Lyon, Nantes, Nice, Plaine Commune et Toulouse. Objectif : installer un peu partout dans la ville des milliers de capteurs dont les données permettraient d’imaginer des solutions pour améliorer la vie des bisontins : qualité de l’air, de l’eau, mobilité douce, maîtrise de l’énergie, etc. Déjà, en 2012, elle prouvait l’efficacité du système en instaurant l’une des premières redevances incitatives. Les capteurs apposés sur les poubelles publiques ont permis de diminuer les déchets ménagers incinérés de 30% en cinq ans.
Des parcs, Besançon en a suffisamment et ce n’est plus en plantant des arbres qu’on sauvera la planète. Les enjeux sont devenus différents, il y a urgence. Elle organise les Journées Granvelle pour bûcher sur l’intelligence artificielle au service des citoyens et forcément de leur environnement. D’un autre côté, le projet de « ville verte du futur » avance et prend forme au cœur de l’ancien hôpital de Saint-Jacques, en plein cœur de Ville. La « Cité du Savoir et de l’Innovation » compte bien inventer l’écologie de demain. Un monde solidaire mais innovant, responsable et connecté, dont l’embryon est ici.
chevaux comtois et bateau sur la rivière


Répondre à cet article

 
 

 RSS 2.0 | Plan du site | SPIP PUBLICITÉ : 03 80 73 01 15 ou 06 86 86 48 28 - contact@bing-bang-mag.com
BingBang magazine Dijon - Edité par EDIBANG : SARL au capital de 14 400 euros - 52, avenue de Stalingrad - 21000 DIJON - Tél : 03 80 73 01 15 - E-mail : 

Création sites internet Dijon : i-com - Photographic : Photographe publicitaire - Marielys Lorthios Photographe culinaire
Toute reproduction même partielle des articles et des photos interdite. Droits réservés.